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Othman Azzabi

Les étudiants québécois protestent contre la hausse des frais de scolarité

Des centaines d’étudiants universitaires ont manifesté lundi à Montréal contre la décision du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) d’augmenter les frais de scolarité pour les étudiants canadiens hors Québec qui fréquentent les universités anglophones de la province. Ils dénoncent une mesure discriminatoire, injuste et nuisible à la diversité et à la qualité de l’enseignement supérieur.

Les étudiants ont quitté leurs cours et se sont rassemblés au square Dorchester, avant de marcher jusqu’au bureau du premier ministre François Legault. Ils ont brandi des pancartes et scandé des slogans comme «Hey hey, ho ho, la hausse des frais de scolarité doit cesser» ou «L’éducation n’est pas une marchandise». Ils ont également reçu le soutien de plusieurs professeurs et de membres du grand public.

La manifestation, baptisée Automne bleu, fait référence aux couleurs de la CAQ et au Printemps érable de 2012, qui avait vu des milliers d’étudiants s’opposer à une précédente hausse des frais de scolarité. Les organisateurs ont affirmé que le projet de la CAQ vise à politiser l’accès à l’éducation et à affaiblir les universités anglophones du Québec. Ils ont demandé au gouvernement de revenir sur sa décision et de consulter les acteurs du milieu universitaire.

Le gouvernement de la CAQ a annoncé en juin dernier son intention de faire passer les frais de scolarité des étudiants canadiens hors Québec de 8992 $ à près de 17 000 $ par année dès l’automne 2023, dans les universités anglophones uniquement. Il a justifié cette mesure par le fait que ces étudiants coûtent plus cher au système québécois et qu’ils ne contribuent pas suffisamment à la société québécoise après leurs études. Il a également affirmé que cette mesure permettrait de réduire le déficit des universités anglophones et de favoriser l’attractivité des universités francophones.

Cette mesure a suscité la colère et l’incompréhension des étudiants concernés, qui représentent environ 10 % des effectifs des universités anglophones du Québec. Ils ont fait valoir que cette mesure les pénalise financièrement, qu’elle crée une discrimination linguistique, qu’elle réduit la diversité et la qualité de l’enseignement supérieur, et qu’elle nuit à la réputation du Québec à l’échelle nationale et internationale. Ils ont également souligné que les universités anglophones du Québec contribuent au développement économique, social et culturel de la province, et qu’elles attirent des étudiants talentueux et motivés.

Les étudiants ont annoncé qu’ils poursuivraient leur mobilisation jusqu’à ce que le gouvernement renonce à son projet. Ils ont également lancé une pétition en ligne, qui a recueilli plus de 25 000 signatures, pour demander au gouvernement de revoir sa position. Ils ont reçu l’appui de plusieurs associations étudiantes, syndicales, et politiques, ainsi que de personnalités publiques, comme l’ancien premier ministre du Québec Philippe Couillard ou le chanteur Pierre Lapointe.

Est-ce qu’il y a eu des manifestations similaires dans d’autres provinces canadiennes?

Oui, il y a eu des manifestations similaires dans d’autres provinces canadiennes, notamment en Ontario, en Alberta, et en Colombie-Britannique. Ces manifestations ont eu lieu pour dénoncer les hausses des frais de scolarité, les coupes budgétaires, ou les réformes du système éducatif imposées par les gouvernements provinciaux. Voici quelques exemples de manifestations étudiantes qui ont eu lieu dans d’autres provinces canadiennes :

• En Ontario, des milliers d’étudiants ont manifesté en janvier 2022 pour protester contre la décision du gouvernement conservateur de Doug Ford de réduire les bourses d’études, de supprimer la gratuité des frais de scolarité pour les étudiants à faible revenu, et de rendre optionnelle la cotisation aux associations étudiantes

• En Alberta, des centaines d’étudiants ont manifesté en novembre 2022 pour s’opposer à la décision du gouvernement conservateur de Jason Kenney d’augmenter les frais de scolarité de 7 % par an pendant trois ans, de réduire le financement des universités, et de modifier le mode de gouvernance du secteur postsecondaire

• En Colombie-Britannique, des milliers d’étudiants ont manifesté en mars 2022 pour réclamer la gratuité scolaire, la rémunération des stages, et la justice climatique. Ils ont également dénoncé les inégalités sociales, le racisme, et le colonialisme qui affectent le système éducatif (source)