Arun Tonali

Les facettes méconnues de Vincent Van Gogh : Un regard inédit sur la vie de l’artiste néerlandais

Le mythe entourant la vie de Vincent Van Gogh, souvent perçu comme un artiste maudit, est remis en question dans le dernier épisode du podcast “Au Cœur de l’Histoire” animé par l’historienne Virginie Girod. L’invité, Wouter van der Veen, historien de l’art et directeur scientifique de l’Institut Van-Gogh, insiste sur le fait que cette image tragique a été construite de toutes pièces au XXe siècle, bien après la popularité croissante de l’art de Van Gogh.

Contre la croyance populaire, Van Gogh n’est pas issu d’un milieu pauvre, mais d’une famille bourgeoise influente aux Pays-Bas. Trois de ses oncles étaient des marchands d’art de renom, et il a lui-même commencé sa carrière dans le commerce de tableaux, où il a eu l’occasion de manipuler les plus grandes œuvres de son époque. Cependant, sa vie a pris un tournant lorsqu’il a décidé de se consacrer à l’Évangile, renonçant à des études de théologie pour devenir prédicateur laïc, motivé par ses convictions protestantes calvinistes.

Vincent Van Gogh, loin d’être uniquement un artiste, était également un entrepreneur avisé. Il a conseillé son frère Théo dans l’achat d’œuvres d’art, non pas pour s’enrichir, mais pour stimuler la création artistique. Les frères Van Gogh croyaient en la nécessité de l’art nouveau et en la qualité artistique.

C’est pendant cette période que Van Gogh a développé son style distinctif, influencé par des estampes japonaises et l’impressionnisme français. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle Van Gogh n’a connu le succès qu’après sa mort, l’historien de l’art souligne que l’artiste a connu un succès considérable de son vivant, étant salué comme l’équivalent des maîtres hollandais du XVIIe siècle par une revue critique de premier plan.

La maladie a toutefois marqué la vie de Van Gogh. Atteint de syphilis, sa vie nocturne dissolue, sa consommation excessive d’alcool et de tabac ont contribué à l’image de l’artiste maudit. Vivant avec la crainte de sa propre mort imminente, Van Gogh a peint frénétiquement à Auvers-sur-Oise, produisant plus de 80 tableaux en seulement 70 jours. Le docteur Gachet, qui le suivait, a noté sa syphilimanie, une obsession de la syphilis, et le sentiment que ses jours étaient comptés.

Sa mort tragique, survenue le 27 juillet, a également ajouté à la construction du mythe. Van Gogh a choisi de mettre fin à sa vie en se tirant une balle dans la poitrine, conscient de sa propre condition et considérant sa vie comme une partie intégrante de son œuvre. Son dernier tableau, “Racines d’arbres”, réalisé le jour de sa tentative de suicide, reflète son combat pour la vie. Van Gogh voulait que, à travers ses lignes tracées sur la toile, on puisse deviner l’homme qu’il était, refusant de partir comme quelqu’un ayant perdu la raison.

Ainsi, le podcast “Au Cœur de l’Histoire” offre une perspective nouvelle sur la vie de Vincent Van Gogh, déconstruisant le mythe de l’artiste maudit pour révéler un homme complexe, influent, et acteur conscient de sa propre destinée.